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12 activités pour rendre une formation vraiment interactive

Une formation interactive n'est pas une formation avec « un petit jeu » à la pause. C'est un parcours où les apprenants produisent, décident et confrontent — du premier au dernier quart d'heure. Voici douze activités éprouvées, et le moment où chacune fait mouche.

Sarah Harnois · Ingénieure pédagogique Publié le Septembre 2026 Mis à jour le Septembre 2026 7 min de lecture
12 activités pédagogiques classées par moment du parcours, adaptables au présentiel comme au distanciel.
Douze activités classées par moment du parcours, adaptables au présentiel comme au distanciel.

Le réflexe, quand on veut « rendre une formation interactive », c'est d'ajouter des activités là où le rythme faiblit. Le problème, c'est qu'une activité mal placée coûte de l'énergie sans rien produire. L'interactivité utile se pense par moment du parcours : ce qui marche pour lancer une session n'a rien à voir avec ce qui consolide un apprentissage en fin de journée. Voici douze activités, rangées dans l'ordre où vous les rencontrerez.

À RETENIR
  • Une activité a un objectif pédagogique, pas seulement un objectif d'ambiance.
  • Chaque moment du parcours appelle un type d'activité différent.
  • Presque toutes se transposent en distanciel avec un outil de sondage ou des sous-groupes.
  • Mieux vaut trois activités bien menées que dix enchaînées à toute vitesse.

Lancer et embarquer

Les premières minutes décident du niveau d'engagement de toute la journée. Trois activités pour ouvrir :

  • 1. Le tour d'attentes ciblé. Chacun formule en une phrase ce qu'il veut repartir en sachant faire. En distanciel, on le fait passer par le chat ou un mur collaboratif — c'est plus rapide et tout le monde s'exprime, y compris les plus réservés.
  • 2. Le photolangage. On étale des images variées, chacun en choisit une qui représente son rapport au sujet et l'explique. Idéal pour des thèmes sensibles ou abstraits ; en visio, une planche partagée à l'écran suffit.
  • 3. Le vrai/faux d'ouverture. Quatre affirmations sur le sujet, on vote à main levée ou par sondage en ligne. On ne corrige pas encore : on crée le besoin de savoir.

Faire produire pendant les apports

C'est le cœur de l'interactivité : transformer l'écoute passive en production. À intercaler dans les séquences de contenu.

  • 4. Le think-pair-share. On réfléchit seul une minute, on confronte à deux, puis on partage au groupe. Simple, universel, redoutablement efficace pour éviter que trois personnes monopolisent la parole. En visio, les sous-groupes remplacent le « pair ».
  • 5. La carte mentale collective. Le groupe construit au tableau — ou sur un tableau blanc partagé — la structure d'une notion. Ils s'approprient l'organisation du savoir au lieu de la recevoir.
  • 6. Le cas à trous. On donne une situation professionnelle réelle et incomplète : au groupe de repérer ce qui manque ou ce qui cloche. Ça ancre les apports dans le métier des participants.
  • 7. La classe inversée courte. Un sous-groupe s'approprie une partie du contenu et l'explique aux autres. Expliquer est le meilleur moyen d'apprendre.
On ne retient pas ce qu'on écoute, on retient ce qu'on a eu à produire.

Mettre en pratique

Le moment où la compétence se joue vraiment. Ces activités demandent plus de temps : on les prévoit dans le scénario, pas à l'improviste.

  • 8. La mise en situation jouée. Un participant, un observateur, une grille : on rejoue une situation de travail réelle et on débriefe à chaud. C'est l'activité la plus transférable qui soit.
  • 9. L'atelier de production. Les apprenants fabriquent un livrable directement réutilisable — un objectif rédigé, une trame, un argumentaire. Ils repartent avec quelque chose, pas seulement avec des notes.
  • 10. Le pecha kucha express. En sous-groupes, on prépare une restitution minutée et contrainte. La contrainte de format force la synthèse et l'appropriation.

Consolider et clore

La fin de session est le moment le plus souvent bâclé, alors que c'est là que se fixe la mémoire.

  • 11. Le quiz d'équipe. On rejoue les points clés sous forme de défi par équipes. Le jeu réactive la mémoire sans l'effet « contrôle ». Un outil de quiz en ligne fonctionne aussi bien en distanciel.
  • 12. La lettre à soi-même. Chacun écrit ce qu'il s'engage à mettre en œuvre dans les semaines à venir. On peut la lui renvoyer plus tard : c'est un pont vers le transfert dans la pratique.

Bien choisir, plutôt que tout empiler

Douze activités ne veulent pas dire douze activités par session. Chacune a un coût en temps et en attention. Le bon réflexe : partir de l'objectif de chaque séquence, puis choisir l'activité qui sert cet objectif — et une seule. Une formation interactive bien dosée alterne apports courts et productions régulières, sans jamais donner l'impression d'un enchaînement d'animations. En distanciel, on garde la même logique en réduisant la durée de chaque activité et en s'appuyant sur les sous-groupes et les sondages pour maintenir la présence.

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Portrait de Sarah Harnois, ingénieure pédagogique
Sarah Harnois Ingénieure pédagogique, fondatrice d'Edusens Academy. Elle conçoit et anime des formations pour des organismes, des entreprises et des formateurs indépendants, et partage sa méthode dans le Lab péda.